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Approvisionnement en produits pétroliers : La RDC sera dotée d’un nouveau pipeline de 12 pouces reliant Matadi à Kinshasa, projet porté par la Ministre d’État,  Ministre des hydrocarbures Acacia Bandubola Mbongo

Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique énergétique nationale et conformément à la vision du Président de la République inhérente à la sécurisation et la disponibilité des produits pétroliers sur l’ensemble du territoire national, le Ministère des Hydrocarbures Acacia Bandubola Mbongo a soumis à l’approbation du Conseil des Ministres le projet de construction d’un nouveau pipeline sur la voie Ouest tout en maintenant exploitable l’infrastructure existante comme canalisation de secours.

Cette initiative s’appuie sur une analyse technique, stratégique et économique approfondie des capacités logistiques des infrastructures existantes, les données statistiques relatives à l’évolution récente de la demande nationale en produits pétroliers et des risques économiques, sociaux et politiques liés à la saturation progressive des infrastructures existantes.

Ces constats ont été établis à l’issue de la mission d’itinérance ministérielle que la Patronne des hydrocarbures a effectuée dans la province du Kongo-Central au cours de laquelle lesdites infrastructures ont été visitées.


Acacia Bandubola Mbongo a fait savoir aux membres du gouvernement qu’en République démocratique du Congo, le premier pipeline de 4 pouces a été mis en service en 1913. Suite à l’augmentation de la demande et à l’accroissement démographique, un pipeline supplémentaire de 6 pouces a été construit en 1953. Pendant ce temps, la population est passée de 13.069.450 en 1957 à plus ou moins 112.832.473 en 2026, aucune initiative d’envergure n’a été prise pour construire de nouvelles infrastructures de transport et de réception en produits pétroliers.

Ces deux pipelines PL46 et PL66 reliant Matadi (Ango-Ango) à Kinshasa (Masina) d’une longueur de 332 Km et d’un diamètre de 6 pouces d’une capacité respective de 50m3/heure et de 65 m3/heure opèrent aujourd’hui au seuil de saturation technique et opérationnelle, avec une capacité mensuelle plafonnée autour de 100.000 m3.
Il faut noter que la capacité maximale de SEP (100.000 m3/mois) via le pipeline, couplée à celle de la société Lerexcom Petroleum (23.000 m3/mois) par voie terrestre, fait ressortir une capacité maximale des installations à 123.000 m3.


Les données communiquées par la société SEP Congo font état d’un volume transféré de 908.897 m3 en 2024, et d’un volume croissant en 2025 de 1.048.332 m3, soit une moyenne mensuelle de 87.361 m3 très proche du plafond technique de 100.000 m3/mois. (Annexe 3 et 4)
À partir du niveau observé de 92 067 m³ en novembre 2025, des projections ont été réalisées à l’aide d’un modèle de croissance exponentielle à taux constant de 4.15%. Cette approche est largement appliquée dans la littérature académique comme outil de projection tendancielle (trend extrapolation) lorsque que l’on ne dispose pas de séries longues.


Acacia Bandubola Mbongo a prevenu que, les projections mensuelles de la demande mettent en évidence une trajectoire claire et préoccupante. A compter de juillet 2026, la demande dépasse ce seuil, ouvrant une phase de déficit structurel.  À la fin de l’année 2026, la consommation mensuelle projetée avoisine 150 000 m³, soit un déficit équivalent à près de 50 % de la capacité existante. À l’horizon 2027, la demande mensuelle dépasse 240 000 m³, puis environ 400 000 m³ en 2028, pour franchir le seuil de plus d’un million de m³ par mois à l’horizon 2030 tels que les graphiques à l’annexe 5 et 6 le démontrent.


Ces chiffres démontrent que, sans investissement et décision urgents, la capacité actuelle des pipelines deviendra rapidement marginale entrainant un risque pour l’approvisionnement de la zone Ouest et une partie du pays en produits pétroliers avec des conséquences politique, économique, sociale et sécuritaire incalculables.


Face à cette trajectoire, la Ministre d’État,  Ministre des hydrocarbures Acacia Bandubola Mbongo a présenté le projet de construction d’un nouveau pipeline de 12 pouces reliant Matadi à Kinshasa, assorti du maintien en exploitation des infrastructures existantes afin d’assurer la redondance du réseau constitue la réponse la plus rationnelle et la plus durable.


Le nouveau pipeline, d’un linéaire d’environ 332 km, sera dimensionné pour répondre aux besoins de consommation des produits pétroliers en croissance exponentielle et portée par la croissance démographique, l’urbanisation, l’expansion des activités économiques, etc.
Par ailleurs et dans la droite ligne des engagements du Gouvernement, pris dans le cadre du plan d’investissement REDD+, visant à promouvoir les énergies de cuisson propres et à réduire la pression sur les forêts due à l’utilisation massive du bois-énergie, le pipeline sera calibré pour le transport du GPL également.


Au regard des expériences régionales, l’investissement du projet (Dépense en capital et Dépense en exploitation) se situe entre 300 à 400 millions de dollars américains. L’étude technique à réaliser apportera les éléments techniques détaillés.
La réalisation de ce projet permettra de :
Porter progressivement la capacité d’acheminement à plusieurs centaines de milliers de mètres cubes par mois, rendant possible l’absorption des volumes projetés, tout en réduisant drastiquement la dépendance au transport terrestre ;
Permettre au Ministère des Hydrocarbures de garantir sa mission de service public à savoir : la gestion de l’approvisionnement régulier et suffisant en produits pétroliers pour couvrir les besoins sur l’ensemble du territoire national (article 11 de la loi sur les hydrocarbures) ;
Répondre à la croissance exponentielle de la demande stimulée par l’explosion démographique, la baisse des prix à la pompe, la lutte contre la fraude, la contrebande et l’expansion des activités économiques …


Sur le plan économique, ce projet va réduire durablement les coûts logistiques, la stabilisation du marché intérieur des carburants, l’amélioration de la compétitivité économique et création d’emplois directs et indirects, augmentation des recettes publiques.


Sur le plan social, le projet va approvisionner d’une manière régulière et sécurisée en carburants, avec une réduction des risques de pénuries et la protection du pouvoir d’achat des ménages.
Sur le plan environnemental,  la diminution des risques de pollution liés au transport routier, la promotion des énergies de cuissons vertes.


D’un point de vue stratégique, c’est aussi le renforcement de la sécurité énergétique nationale et la consolidation de la souveraineté de l’État.

Un projet que la Conseil des Ministres a pris acte.

Frank Wasanga

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