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RDC : Michel Bongongo favorable à une nouvelle constitution de la “justice sociale”

Le professeur Michel Bongongo a fixé l’opinion nationale et internationale quant à sa position concernant le débat autour du projet de changement ou révision de la constitution, souhaité par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qui tout au long du mois de novembre dernier, martelait sur cette initiative. Depuis, plusieurs acteurs politiques adhèrent à la démarche du Chef de l’État mais avec des arguments divers.

Dans une interview accordée à la presse en début de cette semaine, l’analyste politique Michel Bongongo n’est pas passé par le dos de la cuillère. Il soutient le changement carrément de l’actuelle constitution datant du 18 février 2006 bien que révisée en 2011 par la majorité parlementaire d’alors.

Un argumentaire convaincant

En soutenant le projet de changement de la constitution, le professeur Michel Bongongo explique que l’actuelle loi fondamentale a été taillée sur mesure pour départager les belligérants qui se discutaient le pouvoir après l’assassinat du 3è président du Congo Démocratique, Laurent Désiré Kabila. Pour lui, la constitution actuelle se concentre plus sur la gestion du pouvoir en lieu et place des attentes des millions de Congolais.

D’où la nécessité pour Michel Bongongo, de doter le pays d’une nouvelle constitution qui tiendra compte de la justice sociale, adaptée aux réalités et défis actuels de la République Démocratique du Congo.

« Notre constitution est le reflet des préoccupations qui ont été les nôtres liées à la belligerance tous azimut et notre préoccupation était que nous puissions mettre fin à cette belligerance. C’est ainsi que quand vous faites l’analyse de notre constitution, vous allez vous rendre compte que la plus grande majeure partie de notre constitution parle de l’exercice du pouvoir. Au cours de cet exercice du pouvoir, les belligérants et leurs partisans, que nous étions tous, nous étions focalisés à mettre fin à la guerre. La conséquence, nous avons oublié l’une des préoccupations majeures de la population c’est la justice sociale, l’expression de la justice sociale », a-t-il déclaré.

Pourquoi la justice sociale ?

Dans ses explications, Michel Bongongo, ancien ministre de la Fonction publique et du budget indique que l’amélioration des conditions sociales longuement voulue par des millions de Congolais, passera notamment par la justice sociale qui va établir un équilibre dans la distribution des richesses.

« Prenez la constitution, il y a combien d’article concernant l’exercice du pouvoir dans notre pays ? Il y a combien d’article concernant l’exercice de la justice sociale ? Pouvons-nous continuer à considérer que le salaire d’un congolais doit être négocié au bon vouloir d’un gouvernement ? Non. Nous devons comme nous avions fait pour l’exercice du pouvoir, nous devons maintenant réfléchir sur la justice sociale », a-t-il lancé.

Avant de poursuivre que : « C’est le partage des revenus du patrimoine national entre les différentes catégories de la population nationale. Il n’est pas normal qu’il ait un congolais qui peut avoir un salaire minable et c’est la grande partie de notre population et qu’il y ait une minorité qui a tout et vit convenablement. Nous avons maintenant une occasion de réfléchir sur tout ça calmement ».

Mise en garde contre les discours “nuisibles”

Alors que le débat va dans tous les sens, le professeur Michel Bongongo a, d’une part, invité la population à se méfier des discours “manipulateurs” et d’autre part, appelé la même population à s’approprier cette démarche de changement de la constitution amorcée par Félix Tshisekedi pour rendre effective la justice sociale en République Démocratique du Congo.

« C’est ainsi que je suis pour le changement de la constitution non pas pour nous injurier (…) pas parce que le président qui l’a dit. C’est l’avis de tout un peuple qui souffre. La majeure préoccupation aujourd’hui de la population, c’est l’amélioration des conditions sociales mais cette amélioration ne doit pas être un cadeau d’un gouvernement. Il faut qu’ensemble tout un peuple réfléchit et couche dans cette réflexion les lignes directrices pour voir comment nous allons désormais pratiquer la justice sociale. Voilà la raison pour laquelle je suis pour le changement », a-t-il insisté.

En RDC, les langues se délient après les discours du Président de la République prononcés notamment à Kisangani puis à Lubumbashi où il est longuement revenu sur son projet de changement ou révision de la constitution. Les campagnes pour ou contre cette initiative se font au pays, en attendant la mise en place comme promis par Félix Tshisekedi, d’une commission devant réfléchir autour de ce projet l’an prochain.

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